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Contraception. Sensibiliser les jeunes à se protéger

Contraception. Sensibiliser les jeunes à se protéger
 

À l’occasion de la journée mondiale de la contraception le 26 septembre, l’Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie a lancé une semaine dédiée à cette thématique. Objectif : prémunir les jeunes des IST et diminuer les grossesses non désirées.

La Nouvelle-Calédonie a organisé la Semaine de la contraception à l’occasion de la Journée mondiale de la contraception le 26 septembre. Une première sur le territoire à l’initiative du gouvernement calédonien et du cabinet d’Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement, chargée notamment de la santé scolaire. Une cause dont l’exécutif s’est saisi dans le cadre de la santé de la femme. Pour cet événement, l’Agence Sanitaire et Sociale a mis en place une série d’actions en priorité à destination des jeunes, en collaboration avec les associations Comité de promotion de la santé sexuelle (CP2S), Solidarité S.I.D.A, le vice-rectorat et la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC). Des sages-femmes, des infirmiers scolaires sont intervenus pour parler contraception et sexualité durant toute la semaine dans des collèges et lycées sur l’ensemble du territoire. « Nous avons eu des retours très positifs de la part des jeunes, en particulier des filles, souligne Hélène Pichot, directrice adjointe de l’Agence Sanitaire et Sociale. Elles pointent le fait que ces ateliers qui expliquent les différents moyens de contraception qui existent permettent aux garçons d’en prendre conscience et de s’y intéresser. La contraception, c’est l’affaire de tous. »

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Taux d’IST élevé

Y-a-t-il urgence à informer les jeunes sur la contraception ? « Oui, relève Hélène Pichot. On constate effectivement, d’après le Baromètre Santé Jeune 2019, que les jeunes ont une vie sexuelle, ce qui est normal, mais qu’un jeune sur trois n’a pas utilisé de préservatif lors de son dernier rapport. » Or, il semblerait que l’utilisation de préservatif ne soit plus un tabou puisque selon le Baromètre Santé Jeunes 2019 (BSJ), les jeunes se procurent le plus souvent des préservatifs au collège et lycée et en pharmacie. « On constate ainsi un décalage entre la compréhension de l’intérêt de se protéger pour éviter les infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées et les habitudes de comportements, précise Hélène Pichot. C’est la même problématique avec la cigarette. Ils savent que c’est nocif mais cela ne les empêche pas de fumer. » Or, le taux d’IST (Infections sexuellement transmissibles) est très élevé chez les jeunes. Selon une étude de l’ASSNC de 2012, l’infection à chlamydiae touche 20% des 18-25 ans contre 10 % en Métropole. Le risque d’attraper la syphilis est deux fois plus élevé. Par ailleurs, les grossesses non désirées touchent essentiellement les 16-25 ans (53 %). Chez les jeunes, on constate un pic de recours à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) après les grandes vacances scolaires. En conséquence, le gouvernement a dédié un budget supplémentaire annuel d’un million de francs pour l’achat de tests de grossesse, de contraceptifs d’urgence et de préservatifs disponibles dans les infirmeries scolaires. Des textes sont aussi en cours d’élaboration sur la gratuité de la contraception pour les femmes de moins de 26 ans, ainsi que sur la gratuité du dépistage et la prise en charge des IST. « On invite les jeunes à se tourner vers les infirmiers et infirmières scolaires qui sont à leur écoute et peuvent leur donner des conseils », souligne Hélène Pichot. En cas de rapport sexuel non protégé, ces personnes peuvent contacter tous les organismes et les associations afin de faire un dépistage d’IST. Et, s’il y a grossesse, accompagner la mineure pour un avortement qui est pris en charge par la CAFAT et qui est sous le couvert du secret si la jeune fille ne souhaite pas que ses parents, sa famille, soient au courant.

La sexualité expliquée à l’école

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En Métropole, les élèves doivent bénéficier, selon la loi du 4 juillet 2021, de trois séances annuelles axées sur les connaissances en matière de sexualité. Une loi qui ne s’applique pas ici. « Toutefois, les associations, telles que le Comité de promotion de la santé sexuelle, Solidarité S.I.D.A, interviennent deux heures dans les collèges et lycées », précise Hélène Pichot. Une intervention cadrée et adaptée en fonction des besoins. Les thèmes abordés : le consentement, la fécondation, les cycles, les moyens de contraception, avec priorité sur le préservatif, le plaisir. « Ces interventions permettent d’apporter des réponses à des questionnements, de lever certains tabous et de rappeler qu’une relation sexuelle, c’est d’abord une relation. Cette jeune génération a tendance à voir dans la sexualité une performance à réaliser », appuie Hélène Pichot.

Quelle sexualité ?

Si l’âge médian du premier rapport sexuel est estimé à 15 ans, parmi les jeunes de 13-18 ans ayant déjà eu des relations sexuelles, 26,3 % ont déclaré avoir eu leur premier rapport avant 14 ans. Les garçons sont plus précoces que les filles. Avant 13 ans, 7 % des garçons ont déclaré avoir déjà eu une expérimentation sexuelle, 2 % chez les filles et plus souvent dans la province des îles que dans les deux autres provinces. « La sexualité, cela fait partie de la vie des jeunes assez tôt, constate Hélène Pichot. Mais, la sexualité, ce n’est pas que l’acte sexuel en soi, ce sont toutes les questions que l’on va se poser, sur la découverte de son corps, sur son orientation sexuelle. »

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Risques

Cet éveil à la sexualité qui n’est pas accompagné par des majeurs peut présenter des risques. « Un jeune qui commence à se poser des questions sur sa sexualité va aller sur Internet et regarder des vidéos qui ne sont pas forcément appropriées au regard de sa maturité, en particulier des vidéos pornographiques qui véhiculent des stéréotypes très forts », indique Hélène Pichot. Selon le BSJ 2019, 4 jeunes sur 10 avaient déjà consulté des contenus pornographiques sur le Web. 21 % chez les 10-12 ans, 40 % chez les 13-15 ans, 60 % chez les 16-18 ans. Face à ce constat, l’Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie en partenariat avec Mobilis by OPT a lancé la deuxième phase de la campagne de communication sur les dangers du numérique vis-à-vis de la santé sexuelle. Elle comprend trois vidéos de prévention et trois tutoriels, visibles sur le site Mobilisez-vous, qui apportent des conseils sur les thématiques suivantes : le contrôle parental pour limiter l’accès aux sites pornographiques, l’influence de la pornographie sur le comportement des jeunes et l’utilisation frauduleuse de l’image d’autrui (sexting). « Il est essentiel de rappeler par ailleurs qu’il est indispensable que les parents évoquent la sexualité avec leurs enfants, appuie Hélène Pichot. Il existe encore ce tabou dans les familles qu’il faudrait enlever. On doit inciter les parents à le faire même si ce n’est pas évident. »

21%

C’est le taux de relations sexuelles non consenties chez les filles, soit deux fois plus que chez les garçons, et qui touche beaucoup plus les 10-12 ans (source BSJ 2019). Un constat choquant qui alerte. « Nous avons mis en place des interventions, en collaboration avec le vice-rectorat, au sein des établissements où le pourcentage était le plus élevé, précise Hélène Pichot. Nous avons expliqué ce qui était interdit de faire, appuyé sur le droit des victimes, parlé des personnes, des associations vers lesquelles se tourner pour en parler. » Si le médecin est tenu au secret professionnel, celui-ci peut être levé en cas de violences sexuelles notamment. Le médecin peut également faire un signalement auprès du procureur de la République.

La Nouvelle-Calédonie a organisé la Semaine de la contraception à l’occasion de la Journée mondiale de la contraception le 26 septembre. Une première sur le territoire à l’initiative du gouvernement calédonien et du cabinet d’Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement, chargée notamment de la santé scolaire. Une cause dont l’exécutif s’est saisi dans le cadre de la santé de la femme. Pour cet événement, l’Agence Sanitaire et Sociale a mis en place une série d’actions en priorité à destination des jeunes, en collaboration avec les associations Comité de promotion de la santé sexuelle (CP2S), Solidarité S.I.D.A, le vice-rectorat et la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC). Des sages-femmes, des infirmiers scolaires sont intervenus pour parler contraception et sexualité durant toute la semaine dans des collèges et lycées sur l’ensemble du territoire. « Nous avons eu des retours très positifs de la part des jeunes, en particulier des filles, souligne Hélène Pichot, directrice adjointe de l’Agence Sanitaire et Sociale. Elles pointent le fait que ces ateliers qui expliquent les différents moyens de contraception qui existent permettent aux garçons d’en prendre conscience et de s’y intéresser. La contraception, c’est l’affaire de tous. »

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Taux d’IST élevé

Y-a-t-il urgence à informer les jeunes sur la contraception ? « Oui, relève Hélène Pichot. On constate effectivement, d’après le Baromètre Santé Jeune 2019, que les jeunes ont une vie sexuelle, ce qui est normal, mais qu’un jeune sur trois n’a pas utilisé de préservatif lors de son dernier rapport. » Or, il semblerait que l’utilisation de préservatif ne soit plus un tabou puisque selon le Baromètre Santé Jeunes 2019 (BSJ), les jeunes se procurent le plus souvent des préservatifs au collège et lycée et en pharmacie. « On constate ainsi un décalage entre la compréhension de l’intérêt de se protéger pour éviter les infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées et les habitudes de comportements, précise Hélène Pichot. C’est la même problématique avec la cigarette. Ils savent que c’est nocif mais cela ne les empêche pas de fumer. » Or, le taux d’IST (Infections sexuellement transmissibles) est très élevé chez les jeunes. Selon une étude de l’ASSNC de 2012, l’infection à chlamydiae touche 20% des 18-25 ans contre 10 % en Métropole. Le risque d’attraper la syphilis est deux fois plus élevé. Par ailleurs, les grossesses non désirées touchent essentiellement les 16-25 ans (53 %). Chez les jeunes, on constate un pic de recours à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) après les grandes vacances scolaires. En conséquence, le gouvernement a dédié un budget supplémentaire annuel d’un million de francs pour l’achat de tests de grossesse, de contraceptifs d’urgence et de préservatifs disponibles dans les infirmeries scolaires. Des textes sont aussi en cours d’élaboration sur la gratuité de la contraception pour les femmes de moins de 26 ans, ainsi que sur la gratuité du dépistage et la prise en charge des IST. « On invite les jeunes à se tourner vers les infirmiers et infirmières scolaires qui sont à leur écoute et peuvent leur donner des conseils », souligne Hélène Pichot. En cas de rapport sexuel non protégé, ces personnes peuvent contacter tous les organismes et les associations afin de faire un dépistage d’IST. Et, s’il y a grossesse, accompagner la mineure pour un avortement qui est pris en charge par la CAFAT et qui est sous le couvert du secret si la jeune fille ne souhaite pas que ses parents, sa famille, soient au courant.

La sexualité expliquée à l’école

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En Métropole, les élèves doivent bénéficier, selon la loi du 4 juillet 2021, de trois séances annuelles axées sur les connaissances en matière de sexualité. Une loi qui ne s’applique pas ici. « Toutefois, les associations, telles que le Comité de promotion de la santé sexuelle, Solidarité S.I.D.A, interviennent deux heures dans les collèges et lycées », précise Hélène Pichot. Une intervention cadrée et adaptée en fonction des besoins. Les thèmes abordés : le consentement, la fécondation, les cycles, les moyens de contraception, avec priorité sur le préservatif, le plaisir. « Ces interventions permettent d’apporter des réponses à des questionnements, de lever certains tabous et de rappeler qu’une relation sexuelle, c’est d’abord une relation. Cette jeune génération a tendance à voir dans la sexualité une performance à réaliser », appuie Hélène Pichot.

Quelle sexualité ?

Si l’âge médian du premier rapport sexuel est estimé à 15 ans, parmi les jeunes de 13-18 ans ayant déjà eu des relations sexuelles, 26,3 % ont déclaré avoir eu leur premier rapport avant 14 ans. Les garçons sont plus précoces que les filles. Avant 13 ans, 7 % des garçons ont déclaré avoir déjà eu une expérimentation sexuelle, 2 % chez les filles et plus souvent dans la province des îles que dans les deux autres provinces. « La sexualité, cela fait partie de la vie des jeunes assez tôt, constate Hélène Pichot. Mais, la sexualité, ce n’est pas que l’acte sexuel en soi, ce sont toutes les questions que l’on va se poser, sur la découverte de son corps, sur son orientation sexuelle. »

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Risques

Cet éveil à la sexualité qui n’est pas accompagné par des majeurs peut présenter des risques. « Un jeune qui commence à se poser des questions sur sa sexualité va aller sur Internet et regarder des vidéos qui ne sont pas forcément appropriées au regard de sa maturité, en particulier des vidéos pornographiques qui véhiculent des stéréotypes très forts », indique Hélène Pichot. Selon le BSJ 2019, 4 jeunes sur 10 avaient déjà consulté des contenus pornographiques sur le Web. 21 % chez les 10-12 ans, 40 % chez les 13-15 ans, 60 % chez les 16-18 ans. Face à ce constat, l’Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie en partenariat avec Mobilis by OPT a lancé la deuxième phase de la campagne de communication sur les dangers du numérique vis-à-vis de la santé sexuelle. Elle comprend trois vidéos de prévention et trois tutoriels, visibles sur le site Mobilisez-vous, qui apportent des conseils sur les thématiques suivantes : le contrôle parental pour limiter l’accès aux sites pornographiques, l’influence de la pornographie sur le comportement des jeunes et l’utilisation frauduleuse de l’image d’autrui (sexting). « Il est essentiel de rappeler par ailleurs qu’il est indispensable que les parents évoquent la sexualité avec leurs enfants, appuie Hélène Pichot. Il existe encore ce tabou dans les familles qu’il faudrait enlever. On doit inciter les parents à le faire même si ce n’est pas évident. »

21%

C’est le taux de relations sexuelles non consenties chez les filles, soit deux fois plus que chez les garçons, et qui touche beaucoup plus les 10-12 ans (source BSJ 2019). Un constat choquant qui alerte. « Nous avons mis en place des interventions, en collaboration avec le vice-rectorat, au sein des établissements où le pourcentage était le plus élevé, précise Hélène Pichot. Nous avons expliqué ce qui était interdit de faire, appuyé sur le droit des victimes, parlé des personnes, des associations vers lesquelles se tourner pour en parler. » Si le médecin est tenu au secret professionnel, celui-ci peut être levé en cas de violences sexuelles notamment. Le médecin peut également faire un signalement auprès du procureur de la République.

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