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Je ne veux pas d’enfant !

Je ne veux pas d’enfant !
 

Elles refusent d’être mères, une prise de position encore taboue, critiquée par la société au XXIe siècle. Un choix que l’on doit respecter car leur corps leur appartient.

«Qu’est-ce que tu attends pour faire un bébé ? » « Tu ne vas pas regretter ? » « Tu n’as pas peur de fi nir seule ? ». Dans son ouvrage J’ai décidé de ne pas être mère, la chercheuse Chloé Chaudet témoigne de la pression de son entourage et de la société au regard de son choix. « J’ai pris une décision qui demeure inacceptable : vivre comme bon me semble », témoigne-t-elle. Chloé Chaudet confi e sa soif de liberté et d’indépendance qui seraient inexorablement remises en cause par l’arrivée d’un enfant, décrit sa fragilité face aux réactions que son refus suscite et tente en parallèle de comprendre ces diktats inconscients qui nous habitent.

Incomprises

De nombreuses jeunes femmes sans enfants mais en âge de procréer s’y retrouveront, ayant vécu ce genre de réfl exions. En France, près de 5 % des femmes refusent la maternité. Des femmes qui se sentent incomprises car ne pas avoir envie d’être mère est un sujet encore tabou dans notre société. Cette décision est, selon Chloé Chaudet, « encore absente des débats publics, et négligée par les mouvements féministes ».

Quelles raisons ?

Différentes raisons sont évoquées. Souvent, c’est tout simplement l’absence de désir de maternité. Être mère ne serait pas si inné. L’ambition professionnelle ou l’indépendance sont également avancées. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à privilégier leur carrière. Dans ces conditions, élever un enfant s’avère compliqué. Le côté fi nancier n’est pas non plus à négliger. Certaines femmes ne souhaitent pas avoir d’enfants, ne pouvant en effet assumer les dépenses qui sont indispensables. Plus récemment, les Ginks (pour Green Inclination No Kids) ont lancé un mouvement de personnes renonçant à la maternité ou à la paternité pour des raisons écologiques. Pour eux, la planète est déjà exsangue et surpeuplée.

Faire des enfants est dans ce contexte une aberration. Leur slogan : « Si tu aimes les enfants, ne les mets pas au monde, c’est une poubelle. » Peu importe les raisons, l’essentiel est de respecter leur refus de la maternité. Simone de Beauvoir n’écrivait-elle pas dans Le Deuxième Sexe : «Que l’enfant soit la fi n suprême de la femme, c’est là une affi rmation qui a tout juste la valeur d’un slogan publicitaire. »

Deux livres pour aller plus loin

« Je ne veux pas être maman » est un récit autobiographique d’Irene Olmo qui traite du choix de la non-maternité, et des situations et confl its que génère la prise d’une telle décision, encore taboue dans notre société. Tantôt avec humour, tantôt sur un ton plus réfl exif et introspectif, l’auteure nous partage ses expériences vécues face à son choix, les réactions hautes en couleurs et les défi s auxquels peut faire face une femme qui prend la même décision. Une histoire qui questionne la normalité imposée par la société et la tradition et qui nous apprend la tolérance et le respect de l’autre et de ses décisions.

« No Kid : quarante raisons de ne pas avoir d’enfant » de Corinne Maier est un ouvrage jubilatoire et politiquement incorrect. Lassée par les discours conformistes et la littérature abondante louant les joies de la maternité ou la parentalité rayonnante, l’essayiste rebelle aligne quarante bonnes raisons de ne pas succomber à la tentation de l’enfantement. Un livre corrosif à l’humour noir en témoigne le nom de certains chapitres : « évitez de devenir un biberon ambulant », « l’accouchement, une torture ».


Votre magazine a donné la parole à des femmes qui ne désirent pas avoir d’enfants. En retour, nous avons reçu des témoignages sincères sur un sujet qui fait encore débat dans notre société.

Anna, 49 ans

« Je n’étais pas spécialement contre le fait d’avoir un enfant. Avec mon mari, il fut un temps où nous avions décidé d’être parents. Cela n’a pas fonctionné. Nous n’avons pas cherché à savoir pourquoi et je ne me suis pas embarquée dans des solutions pour que ma grossesse aboutisse. Je me suis dit que si je ne tombais pas enceinte, cela signifi ait que je ne devais pas être mère. Nous aurions pu adopter mais mon mari ne le voulait pas. Ne pas avoir d’enfants n’est pas un regret. Parfois, je me dis : mais comment aurais-je pu gérer un enfant avec mon emploi du temps ? Je sais que j’y serais bien sûr parvenue. Enfi n, dernière chose : au regard du monde dans lequel on vit actuellement, deux années de confi - nement, pandémie, restrictions de liberté, guerre, réchauffement climatique, pollution… Je me dis que le destin a bien fait les choses. »

Élisa, 20 ans

« Je sais que je suis encore jeune mais je fais le choix de ne pas vouloir d’enfants plus tard. Quand je me suis décidée à l’exprimer, on m’a répondu : “Tu es jeune encore, tu verras plus tard“ ou “Mais voyons les enfants font que tu es une femme“. Je ne suis pas d’accord avec ces propos. Il m’arrive de mentir pour ne plus avoir ce genre de réfl exion. Parfois je pense que je vais rater ma vie si je n’ai pas d’enfants alors que je sais que non. Je ne dois pas culpabiliser. On n’est pas obligée d’être mère, mais la société nous met une pression pour qu’on le devienne. »

Mathilde, 32 ans

« Il me semble important de dire qu’il ne s’agit pas toujours d’un non-désir d’enfant mais parfois simplement d’une absence de désir d’enfant. Il est important de souligner qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une raison valable et entendable de ne pas vouloir d’enfants. On n’a pas toujours besoin d’une justifi cation éthique ou écolo. C’est juste OK de ne pas être possédée par le désir d’enfant, ce n’est pas forcément une haine ou un refus. Cela n’existe juste pas, la question ne se pose pas. Et je pense que c’est important aussi de dire qu’il n’y a pas forcément d’histoire à raconter derrière, pas forcément un trauma, pas forcément de convictions. Parfois aucune raison défendable, juste l’absence d’envie ! »

Jennifer, 29 ans

« Le désir d’être mère n’est pas une priorité dans ma vie. Tout d’abord parce que je n’ai pas de situation fi nancière stable, ensuite parce que j’ai vu des situations diffi ciles dans mon entourage. Être parents, avoir des enfants, se marier, c’est ce qu’attend de nous la société dans laquelle nous vivons. C’est un idéal de vie, une réussite en soi. Mais on peut être heureuse et épanouie sans enfants. On dit qu’il ne faut pas mettre notre bonheur dans les mains de quelqu’un d’autre. C’est une phrase que j’aime à dire, que cela soit côté coeur ou concernant la maternité. Tout compte fait, ne pas vouloir d’enfants résulte de plusieurs facteurs. Un enfant, c’est beaucoup d’amour, des dépenses, des responsabilités, des changements, il faut y être préparée, ce n’est pas Disneyland ! Puis il y a aussi le fait que je ne veuille pas m’engager en amour, du moins pas pour le moment. Il faut tout d’abord se trouver soi-même et s’accomplir professionnellement. […] Pour le moment, mes neveux et nièces me suffi sent amplement ! »

Taïana, 30 ans

« Je ne souhaite pas faire d’enfants pour de multiples raisons. Premièrement, la peur, je ne vais pas mentir, accoucher me fait peur ! L’épisiotomie, la péridurale, m’angoissent. Deuxièmement, je trouve que faire un enfant dans le monde actuel est diffi cile. Outre les soins, l’éducation, le budget, je pense surtout à leur avenir dans un monde qui sera surpeuplé, en manque de ressources, où la nature disparait peu à peu, de nouvelles guerres chaque mois, une société française désunie et en perte de réelles valeurs humaines. Nous ne verrons pas l’avenir mais je ne sais que penser du monde en 2050 quand nos enfants auront notre âge. Troisièmement et cela rejoint mon avis sur la surpopulation, pour moi avoir un enfant de son sang est un argument honorable mais égoïste et égocentrique au regard de tous les enfants abandonnés, délaissés, mal-aimés, maltraités, et j’en passe... Certes, un enfant est le fruit d’un amour entre deux personnes, mais c’est tout aussi possible de transmettre tout cela à un enfant adopté. Et pour fi nir, je ne conçois pas que le but d’une vie soit de procréer à notre époque. Cela ne devrait pas être le projet qui défi nit la réussite d’une femme, ni l’accomplissement divin d’un couple épanoui. »

Jade, 32 ans

« J’aime les enfants mais j’aime ma vie sans aussi et j’ai fait le choix de garder notre vie de couple et personnelle au premier plan. Finalement, plus je voyais des ami(e)s devenir parents, moins ça me donnait envie. Etre parent résonne trop comme des contraintes pour moi. […] Après avoir testé toutes les contraceptions compatibles avec mes contre-indications, vécu deux IVG, la ligature des trompes m’apparut comme la suite logique. […] Là, le plus dur fut d’affronter les gynécologues qui sont très frileux pour ligaturer les trompes d’une femme de 31 ans. Le jour où j’ai trouvé le docteur qui a accepté de m’opérer, des larmes de soulagement et de joie ont coulé. […] Mon compagnon et moi adorons nous prélasser, avoir du temps libre… Finalement, pourquoi faudrait-il se justifi er uniquement quand le désir d’enfant est absent ? »

Alice, 38 ans

« J’ai choisi de ne pas avoir d’enfants pour me réaliser moi. Avoir des enfants c’est pour moi la fi n de la récréation... On ne fait plus de moto, on ne bricole plus, on voit moins ses potes. On oublie les fi estas, les grasses mat’. Le sexe, n’en parlons pas ! Et puis des enfants encore de nos jours ? Sérieusement ! Quel avenir ? Quelle planète, on leur laisse ? Les enfants ne sont pas des bâtons de vieillesse non plus. Avoir un enfant coûte cher aussi si on veut qu’il soit épanoui. Je ne m’achèterais plus jamais rien si le revenu du foyer est modeste, donc plus de voyages par exemple. Non, désolée, pas d’enfants même si cela doit être drôle d’importuner tout le monde dans l’avion, au resto et au ciné avec ses mioches ! »

Yolande, 39 ans

« Je suis en couple depuis onze ans et aucun de nous ne désire avoir un enfant ! Mon choix personnel est assez simple. Mon besoin de liberté et d’indépendance est plus fort que mon instinct maternel. Je me suis retrouvée à 12 ans à devoir m’occuper de mes petits frères et soeur, de bébé à 3 et 5 ans pour la plus grande, j’ai donc assez vite réalisé la responsabilité et les contraintes d’être «parent». Ce que je retiens surtout est ce manque de liberté, qui m’a en quelque sorte gâché mon adolescence. J’adore les enfants, et je m’entends plutôt bien avec eux, mais je ne ressens pas le besoin d’en avoir. Je me suis toujours dit que si un jour je changeais d’avis, je pourrais adopter un enfant. »

Pauline, 29 ans

« Un petit message sur mon choix de ne pas avoir d’enfants. Et je dis bien choix, pas ne pas en avoir envie. J’aime les enfants, je m’entends bien avec eux et je suis la super tata, marraine de quelques-uns. Cependant, de nombreuses choses m’ont fait réfl échir. Le dérèglement climatique, le changement du monde tel qu’on le connaît, et les conditions de vie dans certaines régions de la planète… Je ne souhaite pas créer une vie supplémentaire dans ce monde. Je ne veux pas avoir à expliquer à un enfant pourquoi je peux lui parler d’animaux qu’il ne pourra jamais connaître ou pourquoi sa vie sera différente et plus compliquée que ce que j’aurais pu connaître. Je n’ai pas assez confi ance en l’avenir pour cela. La maternité est de ce fait dépourvue de sens pour moi. La seule possibilité qui pourrait correspondre à mon mode de pensée actuelle serait l’adoption. »

Sabine, 35 ans

« Je pourrais citer cent raisons de ne pas avoir d’enfants, mais la principale est que je n’en ai jamais ressenti l’envie ni le besoin. Les enfants en général ne m’intéressent pas, je préfère même les éviter ! Être une femme accomplie et épanouie ne passe pas forcément par le fait d’être mère, malgré les diktats de la société. Avoir des enfants je ne trouve pas ça écologique ni économique. Et surtout une privation de liberté et de jouir de sa propre vie, de son temps, de son énergie comme on le désire. »

Géraldine, 51 ans

« J’ai compris très tôt qu’avoir un enfant signifi ait s’inquiéter pour un être humain toute sa vie. Je ne voulais pas me stresser, avoir cette responsabilité, des contraintes. Avoir des enfants ne me fait pas du tout rêver, encore moins quand je vois comment les enfants de mes amis se comportent. Ils ne sont pas reconnaissants pour la plupart envers leurs parents, pas sympas. Je n’envie pas du tout mes amis. Ce que je trouve particulièrement incroyable, c’est de devoir répondre à cette question : pourquoi n’avez-vous pas d’enfants ? Est-ce que l’on demande à une femme pourquoi a-t-elle des enfants ? Non, jamais, alors que les femmes qui n’ont pas d’enfants doivent se justifi er, argumenter. Il n’y a rien finalement à argumenter. C’est un choix assumé tout simplement. »

Barbara, 42 ans

« J’avoue que je désirais vraiment avoir des enfants mais la vie ne m’a pas fait rencontrer un homme qui avait ce même désir. Le premier homme que j’ai eu dans ma vie ne voulait pas avoir d’enfants avec moi car il pensait que je ne serais pas capable de l’élever ! Le second avait déjà des enfants et ne souhaitait pas en avoir d’autres. Entre ces deux relations, j’avais entamé des démarches pour avoir un enfant seule, aidée par le corps médical, démarches qui ont été stoppées lorsque j’ai fait un burn out professionnel. Aujourd’hui, suite à ma dernière rupture, j’ai accepté de ne pas avoir d’enfants, je vis seule et me préoccupe d’abord de mon bien-être. »

 

Article de Frédérique DEJODE

«Qu’est-ce que tu attends pour faire un bébé ? » « Tu ne vas pas regretter ? » « Tu n’as pas peur de fi nir seule ? ». Dans son ouvrage J’ai décidé de ne pas être mère, la chercheuse Chloé Chaudet témoigne de la pression de son entourage et de la société au regard de son choix. « J’ai pris une décision qui demeure inacceptable : vivre comme bon me semble », témoigne-t-elle. Chloé Chaudet confi e sa soif de liberté et d’indépendance qui seraient inexorablement remises en cause par l’arrivée d’un enfant, décrit sa fragilité face aux réactions que son refus suscite et tente en parallèle de comprendre ces diktats inconscients qui nous habitent.

Incomprises

De nombreuses jeunes femmes sans enfants mais en âge de procréer s’y retrouveront, ayant vécu ce genre de réfl exions. En France, près de 5 % des femmes refusent la maternité. Des femmes qui se sentent incomprises car ne pas avoir envie d’être mère est un sujet encore tabou dans notre société. Cette décision est, selon Chloé Chaudet, « encore absente des débats publics, et négligée par les mouvements féministes ».

Quelles raisons ?

Différentes raisons sont évoquées. Souvent, c’est tout simplement l’absence de désir de maternité. Être mère ne serait pas si inné. L’ambition professionnelle ou l’indépendance sont également avancées. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à privilégier leur carrière. Dans ces conditions, élever un enfant s’avère compliqué. Le côté fi nancier n’est pas non plus à négliger. Certaines femmes ne souhaitent pas avoir d’enfants, ne pouvant en effet assumer les dépenses qui sont indispensables. Plus récemment, les Ginks (pour Green Inclination No Kids) ont lancé un mouvement de personnes renonçant à la maternité ou à la paternité pour des raisons écologiques. Pour eux, la planète est déjà exsangue et surpeuplée.

Faire des enfants est dans ce contexte une aberration. Leur slogan : « Si tu aimes les enfants, ne les mets pas au monde, c’est une poubelle. » Peu importe les raisons, l’essentiel est de respecter leur refus de la maternité. Simone de Beauvoir n’écrivait-elle pas dans Le Deuxième Sexe : «Que l’enfant soit la fi n suprême de la femme, c’est là une affi rmation qui a tout juste la valeur d’un slogan publicitaire. »

Deux livres pour aller plus loin

« Je ne veux pas être maman » est un récit autobiographique d’Irene Olmo qui traite du choix de la non-maternité, et des situations et confl its que génère la prise d’une telle décision, encore taboue dans notre société. Tantôt avec humour, tantôt sur un ton plus réfl exif et introspectif, l’auteure nous partage ses expériences vécues face à son choix, les réactions hautes en couleurs et les défi s auxquels peut faire face une femme qui prend la même décision. Une histoire qui questionne la normalité imposée par la société et la tradition et qui nous apprend la tolérance et le respect de l’autre et de ses décisions.

« No Kid : quarante raisons de ne pas avoir d’enfant » de Corinne Maier est un ouvrage jubilatoire et politiquement incorrect. Lassée par les discours conformistes et la littérature abondante louant les joies de la maternité ou la parentalité rayonnante, l’essayiste rebelle aligne quarante bonnes raisons de ne pas succomber à la tentation de l’enfantement. Un livre corrosif à l’humour noir en témoigne le nom de certains chapitres : « évitez de devenir un biberon ambulant », « l’accouchement, une torture ».


Votre magazine a donné la parole à des femmes qui ne désirent pas avoir d’enfants. En retour, nous avons reçu des témoignages sincères sur un sujet qui fait encore débat dans notre société.

Anna, 49 ans

« Je n’étais pas spécialement contre le fait d’avoir un enfant. Avec mon mari, il fut un temps où nous avions décidé d’être parents. Cela n’a pas fonctionné. Nous n’avons pas cherché à savoir pourquoi et je ne me suis pas embarquée dans des solutions pour que ma grossesse aboutisse. Je me suis dit que si je ne tombais pas enceinte, cela signifi ait que je ne devais pas être mère. Nous aurions pu adopter mais mon mari ne le voulait pas. Ne pas avoir d’enfants n’est pas un regret. Parfois, je me dis : mais comment aurais-je pu gérer un enfant avec mon emploi du temps ? Je sais que j’y serais bien sûr parvenue. Enfi n, dernière chose : au regard du monde dans lequel on vit actuellement, deux années de confi - nement, pandémie, restrictions de liberté, guerre, réchauffement climatique, pollution… Je me dis que le destin a bien fait les choses. »

Élisa, 20 ans

« Je sais que je suis encore jeune mais je fais le choix de ne pas vouloir d’enfants plus tard. Quand je me suis décidée à l’exprimer, on m’a répondu : “Tu es jeune encore, tu verras plus tard“ ou “Mais voyons les enfants font que tu es une femme“. Je ne suis pas d’accord avec ces propos. Il m’arrive de mentir pour ne plus avoir ce genre de réfl exion. Parfois je pense que je vais rater ma vie si je n’ai pas d’enfants alors que je sais que non. Je ne dois pas culpabiliser. On n’est pas obligée d’être mère, mais la société nous met une pression pour qu’on le devienne. »

Mathilde, 32 ans

« Il me semble important de dire qu’il ne s’agit pas toujours d’un non-désir d’enfant mais parfois simplement d’une absence de désir d’enfant. Il est important de souligner qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une raison valable et entendable de ne pas vouloir d’enfants. On n’a pas toujours besoin d’une justifi cation éthique ou écolo. C’est juste OK de ne pas être possédée par le désir d’enfant, ce n’est pas forcément une haine ou un refus. Cela n’existe juste pas, la question ne se pose pas. Et je pense que c’est important aussi de dire qu’il n’y a pas forcément d’histoire à raconter derrière, pas forcément un trauma, pas forcément de convictions. Parfois aucune raison défendable, juste l’absence d’envie ! »

Jennifer, 29 ans

« Le désir d’être mère n’est pas une priorité dans ma vie. Tout d’abord parce que je n’ai pas de situation fi nancière stable, ensuite parce que j’ai vu des situations diffi ciles dans mon entourage. Être parents, avoir des enfants, se marier, c’est ce qu’attend de nous la société dans laquelle nous vivons. C’est un idéal de vie, une réussite en soi. Mais on peut être heureuse et épanouie sans enfants. On dit qu’il ne faut pas mettre notre bonheur dans les mains de quelqu’un d’autre. C’est une phrase que j’aime à dire, que cela soit côté coeur ou concernant la maternité. Tout compte fait, ne pas vouloir d’enfants résulte de plusieurs facteurs. Un enfant, c’est beaucoup d’amour, des dépenses, des responsabilités, des changements, il faut y être préparée, ce n’est pas Disneyland ! Puis il y a aussi le fait que je ne veuille pas m’engager en amour, du moins pas pour le moment. Il faut tout d’abord se trouver soi-même et s’accomplir professionnellement. […] Pour le moment, mes neveux et nièces me suffi sent amplement ! »

Taïana, 30 ans

« Je ne souhaite pas faire d’enfants pour de multiples raisons. Premièrement, la peur, je ne vais pas mentir, accoucher me fait peur ! L’épisiotomie, la péridurale, m’angoissent. Deuxièmement, je trouve que faire un enfant dans le monde actuel est diffi cile. Outre les soins, l’éducation, le budget, je pense surtout à leur avenir dans un monde qui sera surpeuplé, en manque de ressources, où la nature disparait peu à peu, de nouvelles guerres chaque mois, une société française désunie et en perte de réelles valeurs humaines. Nous ne verrons pas l’avenir mais je ne sais que penser du monde en 2050 quand nos enfants auront notre âge. Troisièmement et cela rejoint mon avis sur la surpopulation, pour moi avoir un enfant de son sang est un argument honorable mais égoïste et égocentrique au regard de tous les enfants abandonnés, délaissés, mal-aimés, maltraités, et j’en passe... Certes, un enfant est le fruit d’un amour entre deux personnes, mais c’est tout aussi possible de transmettre tout cela à un enfant adopté. Et pour fi nir, je ne conçois pas que le but d’une vie soit de procréer à notre époque. Cela ne devrait pas être le projet qui défi nit la réussite d’une femme, ni l’accomplissement divin d’un couple épanoui. »

Jade, 32 ans

« J’aime les enfants mais j’aime ma vie sans aussi et j’ai fait le choix de garder notre vie de couple et personnelle au premier plan. Finalement, plus je voyais des ami(e)s devenir parents, moins ça me donnait envie. Etre parent résonne trop comme des contraintes pour moi. […] Après avoir testé toutes les contraceptions compatibles avec mes contre-indications, vécu deux IVG, la ligature des trompes m’apparut comme la suite logique. […] Là, le plus dur fut d’affronter les gynécologues qui sont très frileux pour ligaturer les trompes d’une femme de 31 ans. Le jour où j’ai trouvé le docteur qui a accepté de m’opérer, des larmes de soulagement et de joie ont coulé. […] Mon compagnon et moi adorons nous prélasser, avoir du temps libre… Finalement, pourquoi faudrait-il se justifi er uniquement quand le désir d’enfant est absent ? »

Alice, 38 ans

« J’ai choisi de ne pas avoir d’enfants pour me réaliser moi. Avoir des enfants c’est pour moi la fi n de la récréation... On ne fait plus de moto, on ne bricole plus, on voit moins ses potes. On oublie les fi estas, les grasses mat’. Le sexe, n’en parlons pas ! Et puis des enfants encore de nos jours ? Sérieusement ! Quel avenir ? Quelle planète, on leur laisse ? Les enfants ne sont pas des bâtons de vieillesse non plus. Avoir un enfant coûte cher aussi si on veut qu’il soit épanoui. Je ne m’achèterais plus jamais rien si le revenu du foyer est modeste, donc plus de voyages par exemple. Non, désolée, pas d’enfants même si cela doit être drôle d’importuner tout le monde dans l’avion, au resto et au ciné avec ses mioches ! »

Yolande, 39 ans

« Je suis en couple depuis onze ans et aucun de nous ne désire avoir un enfant ! Mon choix personnel est assez simple. Mon besoin de liberté et d’indépendance est plus fort que mon instinct maternel. Je me suis retrouvée à 12 ans à devoir m’occuper de mes petits frères et soeur, de bébé à 3 et 5 ans pour la plus grande, j’ai donc assez vite réalisé la responsabilité et les contraintes d’être «parent». Ce que je retiens surtout est ce manque de liberté, qui m’a en quelque sorte gâché mon adolescence. J’adore les enfants, et je m’entends plutôt bien avec eux, mais je ne ressens pas le besoin d’en avoir. Je me suis toujours dit que si un jour je changeais d’avis, je pourrais adopter un enfant. »

Pauline, 29 ans

« Un petit message sur mon choix de ne pas avoir d’enfants. Et je dis bien choix, pas ne pas en avoir envie. J’aime les enfants, je m’entends bien avec eux et je suis la super tata, marraine de quelques-uns. Cependant, de nombreuses choses m’ont fait réfl échir. Le dérèglement climatique, le changement du monde tel qu’on le connaît, et les conditions de vie dans certaines régions de la planète… Je ne souhaite pas créer une vie supplémentaire dans ce monde. Je ne veux pas avoir à expliquer à un enfant pourquoi je peux lui parler d’animaux qu’il ne pourra jamais connaître ou pourquoi sa vie sera différente et plus compliquée que ce que j’aurais pu connaître. Je n’ai pas assez confi ance en l’avenir pour cela. La maternité est de ce fait dépourvue de sens pour moi. La seule possibilité qui pourrait correspondre à mon mode de pensée actuelle serait l’adoption. »

Sabine, 35 ans

« Je pourrais citer cent raisons de ne pas avoir d’enfants, mais la principale est que je n’en ai jamais ressenti l’envie ni le besoin. Les enfants en général ne m’intéressent pas, je préfère même les éviter ! Être une femme accomplie et épanouie ne passe pas forcément par le fait d’être mère, malgré les diktats de la société. Avoir des enfants je ne trouve pas ça écologique ni économique. Et surtout une privation de liberté et de jouir de sa propre vie, de son temps, de son énergie comme on le désire. »

Géraldine, 51 ans

« J’ai compris très tôt qu’avoir un enfant signifi ait s’inquiéter pour un être humain toute sa vie. Je ne voulais pas me stresser, avoir cette responsabilité, des contraintes. Avoir des enfants ne me fait pas du tout rêver, encore moins quand je vois comment les enfants de mes amis se comportent. Ils ne sont pas reconnaissants pour la plupart envers leurs parents, pas sympas. Je n’envie pas du tout mes amis. Ce que je trouve particulièrement incroyable, c’est de devoir répondre à cette question : pourquoi n’avez-vous pas d’enfants ? Est-ce que l’on demande à une femme pourquoi a-t-elle des enfants ? Non, jamais, alors que les femmes qui n’ont pas d’enfants doivent se justifi er, argumenter. Il n’y a rien finalement à argumenter. C’est un choix assumé tout simplement. »

Barbara, 42 ans

« J’avoue que je désirais vraiment avoir des enfants mais la vie ne m’a pas fait rencontrer un homme qui avait ce même désir. Le premier homme que j’ai eu dans ma vie ne voulait pas avoir d’enfants avec moi car il pensait que je ne serais pas capable de l’élever ! Le second avait déjà des enfants et ne souhaitait pas en avoir d’autres. Entre ces deux relations, j’avais entamé des démarches pour avoir un enfant seule, aidée par le corps médical, démarches qui ont été stoppées lorsque j’ai fait un burn out professionnel. Aujourd’hui, suite à ma dernière rupture, j’ai accepté de ne pas avoir d’enfants, je vis seule et me préoccupe d’abord de mon bien-être. »

 

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