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149 espèces de papillons à Lifou

149 espèces de papillons à Lifou
Alors que dans certaines régions d’Europe, plus de 80 % des insectes ont disparu, à Lifou, les papillons vivent en abondance et servent d’indicateurs naturels pour connaître la bonne santé des milieux. Crédits photos : Thierry Salesne / SENC.
 

Après les abeilles olympiques et leurs médailles au Salon de l’agriculture de Paris, place aux 149 espèces de papillons de Lifou. Rencontre avec l’association Noé et la Société entomologique de Nouvelle-Calédonie.

Tout commence par l’étude du seul palmier endémique des Loyauté. « L’association Noé a ouvert son bureau en Nouvelle-Calédonie il y a dix ans, en s’intéressant aux forêts humides et au maquis minier, dont les palmiers sont des espèces représentatives de ces milieux, nous explique d’emblée Alice Gouzerh, chef de projet chez Noé. Sur la province des Îles Loyauté, un seul palmier endémique existe, le Cyphophoenix nucele, et il se trouve à Lifou. On a enquêté sur l’île pour savoir quelles étaient les valeurs rattachées à ce palmier. À partir de 2013, on a pu commencer les actions sur le terrain à Jozip et faire de la cartographie. » Ce palmier était-il en bonne santé ? L’écosystème qui lui est associé était-il riche ? Les chercheurs avaient besoin d’indicateurs. D’où… les papillons. « En 2014, nous avons fait appel à trois passionnés de la SENC, la Société entomologique de Nouvelle-Calédonie, pour faire l’inventaire des papillons à Lifou car ils sont un très bon indicateur de la santé du milieu. Mieux les connaître, c’est pouvoir mieux protéger la forêt. »

Pour Thierry Salesne, président de la SENC, ce travail était plus que nécessaire. « Les derniers inventaires, vraiment spécifiques aux papillons, ont été réalisés par deux scientifiques du British Museum, fin XIXe et début XXe siècle, respectivement en 1894 et 1903. »

Avec Alain et Roseline Renevier-Faure, les scientifiques complètent le listage des espèces, déterminent aussi le cycle biologique de certaines espèces emblématiques comme le papillon empereur suceur de fruits (Phyllodes imperialis). Au total, 107 espèces nocturnes sont répertoriées et 42 espèces diurnes, ce qui représente 27 % des papillons de toute la Nouvelle-Calédonie. Vingt-six d’entre elles sont largement présentées au sein du Petit guide d’observation des papillons communs de Lifou. « Ce sont des découvertes importantes car lorsqu’on connait les plantes hôtes, on peut les protéger, en planter pour favoriser la présence des papillons et maintenir leurs populations. Plus on aura d’informations sur la biologie des espèces, et plus on aura de possibilités pour les protéger. » Conclusion : plus on voit de papillons, moins le milieu est dégradé. Qu’en est-il à Lifou et plus largement en Nouvelle-Calédonie ? « Dans certaines régions d’Europe, plus de 80 % des insectes ont disparu, notamment les pollinisateurs. Fort heureusement, ici, nous sommes loin de cette situation catastrophique et nous bénéficions même d’un cadre idéal. On peut le voir notamment avec la bonne santé du rucher calédonien. L’apiculture est en plein essor, c’est une filière qui monte et le miel de Lifou a été primé plusieurs fois au Salon de l’agriculture à Paris (voir notre article « Un miel olympique », paru le 09/07/2019, NDLR). » Si, d’un point de vue général, les indicateurs de préservation sont au vert, la SENC appelle tout de même à la vigilance sur certaines zones. « Nous sommes optimistes pour l’avenir des papillons de jour aux Iles et en Brousse (sur la Grande Terre), confie Roseline Renevier-Faure. En revanche, nous le sommes un peu moins pour les grandes agglomérations, notamment celles du Sud. Les épandages d’insecticides effectués régulièrement pour lutter contre la dengue représentent une sérieuse menace pour les papillons et leurs chenilles. Autrefois, on voyait beaucoup plus de papillons (papillons bleus, Accent vert, et bien d’autres) dans les jardins des Nouméens. Ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années. Beaucoup de végétaux figurant dans la catégorie des plantes envahissantes seront peut-être éradiqués à long terme. Or, parmi ces plantes il y en a qui nourrissent des milliers de papillons et qui servent aussi de nourriture à leurs chenilles. » Pour Alice Gouzerh, « nous avons besoin de nos grands pollinisateurs. Pour féconder les fleurs, les fruitiers ou les légumes, beaucoup de papillons interviennent. Certains peuvent parcourir une centaine de kilomètres en une seule nuit… »

Aurélien Lalanne, pour l’Agence Presse Pacifique

UN SI GRAND "PETIT GUIDE"

Le Petit Guide d’Observation des Papillons communs de Lifou est disponible à la vente auprès de Noé (à récupérer dans ses locaux en centre-ville ou lors de grands événements de sensibilisation comme la Fête de la nature), et sur commande, en contactant par mail l’association Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou sur Facebook. Prix de vente : 1 000 F + frais postaux.

Tout commence par l’étude du seul palmier endémique des Loyauté. « L’association Noé a ouvert son bureau en Nouvelle-Calédonie il y a dix ans, en s’intéressant aux forêts humides et au maquis minier, dont les palmiers sont des espèces représentatives de ces milieux, nous explique d’emblée Alice Gouzerh, chef de projet chez Noé. Sur la province des Îles Loyauté, un seul palmier endémique existe, le Cyphophoenix nucele, et il se trouve à Lifou. On a enquêté sur l’île pour savoir quelles étaient les valeurs rattachées à ce palmier. À partir de 2013, on a pu commencer les actions sur le terrain à Jozip et faire de la cartographie. » Ce palmier était-il en bonne santé ? L’écosystème qui lui est associé était-il riche ? Les chercheurs avaient besoin d’indicateurs. D’où… les papillons. « En 2014, nous avons fait appel à trois passionnés de la SENC, la Société entomologique de Nouvelle-Calédonie, pour faire l’inventaire des papillons à Lifou car ils sont un très bon indicateur de la santé du milieu. Mieux les connaître, c’est pouvoir mieux protéger la forêt. »

Pour Thierry Salesne, président de la SENC, ce travail était plus que nécessaire. « Les derniers inventaires, vraiment spécifiques aux papillons, ont été réalisés par deux scientifiques du British Museum, fin XIXe et début XXe siècle, respectivement en 1894 et 1903. »

Avec Alain et Roseline Renevier-Faure, les scientifiques complètent le listage des espèces, déterminent aussi le cycle biologique de certaines espèces emblématiques comme le papillon empereur suceur de fruits (Phyllodes imperialis). Au total, 107 espèces nocturnes sont répertoriées et 42 espèces diurnes, ce qui représente 27 % des papillons de toute la Nouvelle-Calédonie. Vingt-six d’entre elles sont largement présentées au sein du Petit guide d’observation des papillons communs de Lifou. « Ce sont des découvertes importantes car lorsqu’on connait les plantes hôtes, on peut les protéger, en planter pour favoriser la présence des papillons et maintenir leurs populations. Plus on aura d’informations sur la biologie des espèces, et plus on aura de possibilités pour les protéger. » Conclusion : plus on voit de papillons, moins le milieu est dégradé. Qu’en est-il à Lifou et plus largement en Nouvelle-Calédonie ? « Dans certaines régions d’Europe, plus de 80 % des insectes ont disparu, notamment les pollinisateurs. Fort heureusement, ici, nous sommes loin de cette situation catastrophique et nous bénéficions même d’un cadre idéal. On peut le voir notamment avec la bonne santé du rucher calédonien. L’apiculture est en plein essor, c’est une filière qui monte et le miel de Lifou a été primé plusieurs fois au Salon de l’agriculture à Paris (voir notre article « Un miel olympique », paru le 09/07/2019, NDLR). » Si, d’un point de vue général, les indicateurs de préservation sont au vert, la SENC appelle tout de même à la vigilance sur certaines zones. « Nous sommes optimistes pour l’avenir des papillons de jour aux Iles et en Brousse (sur la Grande Terre), confie Roseline Renevier-Faure. En revanche, nous le sommes un peu moins pour les grandes agglomérations, notamment celles du Sud. Les épandages d’insecticides effectués régulièrement pour lutter contre la dengue représentent une sérieuse menace pour les papillons et leurs chenilles. Autrefois, on voyait beaucoup plus de papillons (papillons bleus, Accent vert, et bien d’autres) dans les jardins des Nouméens. Ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années. Beaucoup de végétaux figurant dans la catégorie des plantes envahissantes seront peut-être éradiqués à long terme. Or, parmi ces plantes il y en a qui nourrissent des milliers de papillons et qui servent aussi de nourriture à leurs chenilles. » Pour Alice Gouzerh, « nous avons besoin de nos grands pollinisateurs. Pour féconder les fleurs, les fruitiers ou les légumes, beaucoup de papillons interviennent. Certains peuvent parcourir une centaine de kilomètres en une seule nuit… »

Aurélien Lalanne, pour l’Agence Presse Pacifique

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Le Petit Guide d’Observation des Papillons communs de Lifou est disponible à la vente auprès de Noé (à récupérer dans ses locaux en centre-ville ou lors de grands événements de sensibilisation comme la Fête de la nature), et sur commande, en contactant par mail l’association Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou sur Facebook. Prix de vente : 1 000 F + frais postaux.

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